Les accords historiques irano-américains sur le Nucléaire

 Partenariant US-IRAN

Plus que jamais économie et stratégie militaire forment un même combat …
Les accords irano-américains sur le dossier nucléaire scellent-ils un nouveau partenariat ? … et pour combien de temps ? …
MBM
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Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini et le ministre des affaires étrangères américain
Mr Kerry lors des longues négociations de Genève

Après une diabolisation réciproque durant plus de 35 ans le récent accord signé entre les États-Unis et l’Iran reste porteur de grands espoirs malgré les réticences du Congrès et le refus total du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou venant s’ajouter à cela les conflits qui perdurent depuis plusieurs années en Irak, Syrie, Yémen et en Ukraine qui perd la Crimée, réintégrée à une fédération russe se réarmant de manière rapide et massive.

NetanyahouSelon le premier ministre israélien Netanyahou l’accord menacerait l’existence même d’Israël, transformant l’Iran en puissance nucléaire, situation qui pourrait mener à une confrontation militaire aux conséquences désastreuses.

La fin de l’isolement de l’Iran s’est produit de manière progressive et par étapes successives commençant par les accords de Genève sur le nucléaire signés en novembre 2013 et appliqués à partir du début 2014 pour une période de six mois en vue d’aboutir à un accord définitif prévoyant la levée des sanctions économiques sur l’Iran ; puis par l’accord-cadre de Lausanne concrétisé le mardi 14 juillet 2015 par celui de Vienne entre l’Iran et les cinq grandes puissances, Etats Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne et la Fédération de Russie.

https://www.youtube.com/watch?v=V5E1u7k7oB4  IM à côté vidéo
Cet accord historique prévu pour une période de plus de 10 ans selon les dires de Mr Laurent Fabius, peut représenter une solution gagnant-gagnant menant à une stabilisation de la région du Moyen-Orient permettant aux États-Unis de redéployer ses forces militaires sur le front asiatique pour faire face aux menaces grandissantes russo-chinoises, rétablir la paix en Syrie et en Irak en envoyant l’armée de mercenaires de Daech vers une nouvelle destination pour une mission de destruction au Caucase ou en Algérie et créer une entité palestinienne tronquée des droits les plus fondamentaux voire une sorte de bantoustan omettant le droit au retour des réfugiés, le statut de Jérusalem et le devenir des implantations israéliennes de Cisjordanie.

Pour les Iraniens, il leur permettra de renflouer une économie chancelante causée par un embargo économique jugé illégal et injuste, poursuivre son programme nucléaire pacifique et reprendre sa place dans le concert des nations ; ce qui inquiète Netanyahu c’est que les États-Unis ne considèrent plus le nucléaire iranien comme une menace dans la région mais que l’Iran pourrait contribuer à sa stabilité s’étendant même jusqu’au sud-est asiatique, rôle que les israéliens ne peuvent plus assurer tenant compte des déboires enregistrés depuis le conflit de juillet 2006 avec le Hezbollah libanais voire bien avant.

L’ouverture prometteuse de l’important marché iranien avec ses 77 millions de consommateurs potentiels peut être une aubaine pour sortir même partiellement de l’insoluble crise économique et financière supportée par un Occident en déconfiture voire en déclin;

 La prochaine levée de l’embargo contre l’Iran promet d’être une nouvelle ruée vers ce qui peut être considéré comme l’eldorado iranien ; les hésitations des négociateurs d’hier se transforment en précipitation au coude à coude des pays occidentaux vers ce marché prometteur de miracles, chacun ne lésinant pas sur les propositions qui vont des S-300 aux centrales nucléaires (oui vous avez bien entendu «centrales nucléaires » !), aux usines clé en main, turbines à gaz, etc…, achat de gaz iranien pour les Européens qui multiplient l’envoi de leurs délégations commerciales à Téhéran voyant par là une occasion à ne pas rater pour sortir de la dépendance envers la Russie ;
Les États-Unis ont été les premiers à prendre le devant pour un retour en force sur ce marché empiétant sur un embargo dont ils ont été les initiateurs, avec Boeing, General Motors etc…La France n’est pas en manque dans ce revirement puisque Peugeot contrôle déjà 30% du marché automobile ; même la Suisse reste de la partie car elle y a droit, Lausanne et Genève c’est bien en Suisse pardi !

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D’autre part la position géostratégique de l’Iran reste un facteur déterminant pouvant contribuer à stabiliser une région destinée à être un carrefour de flux énergétiques (pipelines, gazoducs) plus importants dans les années à venir.

Mais il ne faut pas oublier la géostratégie des États-Unis fondée sur une domination qui se veut perpétuelle et qui ne cessera jamais son comportement unilatéral agressif par des décisions prouvant que leur accord avec l’Iran est une affaire tactique intégrée à cette stratégie globale contre ceux qu’ils considèrent comme l’ennemi durable, la Russie et la Chine ; ils se donnent une dizaine d’années pour sortir de la crise financière non encore résolue, d’un marasme économique qui perdure entrainant des millions de chômeurs et d’un dollar en crise ; une fois les effets de cette temporisation choisie obtenus, les vraies intentions relatives à ces accords avec l’Iran pourront être dévoilées.



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L’erreur réside dans le fait que cette temporisation travaille pour tous car dans dix ans tous ces acteurs d’une tragi-comédie qui se concocte auront changé : la puissance industrielle et militaire iranienne la rendra invulnérable, celles de la Russie et la Chine pratiquement inattaquables si ce n’est déjà acquis ;

Les perdants incontestables sont l’Arabie Saoudite, Israël, la Turquie et les pays du Golfe qui ne voient pas d’un bon œil ces accords pressentant qu’ils vont se faire à leurs dépens et craignant une expansion du chiisme iranien et de sa main mise sur la région, diminuant par là-même leur influence ;la Turquie d’Erdogan sort perdante de ces accords vu le risque de création d’un état kurde qui menacera sa souveraineté sur une bonne partie de son territoire;Israël qui perd son rôle d’agent de la région, habitué à se sucrer sans vergogne au passage avec un afflux continu d’armes américaines sophistiquées en contrepartie, l’Arabie Saoudite qui risque de plonger dans une guerre civile voire de subir une balkanisation de son territoire, les Palestiniens qui peuvent faire une croix sur la récupération de leur pays en obtenant dans le meilleur des cas un « bantoustan non viable parce qu’ingérable ».  perdants Balkanisation de la Turquie

Les réactions à venir du front d’opposition, Israël et Arabie Saoudite en tête, ajoutées à la stratégie secrète des États-Unis cachant mal ses véritables intentions quant aux accords sur le dossier nucléaire iranien pourra peut-être les remettre en cause à moyen ou long terme avec les risques que cela comporte pour toute la région où personne ne sera épargné tenant compte des conséquences imprévisibles et catastrophiques qu’un nouveau conflit pourrait entrainer et qui ressemblera plus à l’apocalypse qu’à une guerre classique passagère !

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